Joe Biden cherche à raviver de manière informelle le Quad, l’alliance avec l’Inde, le Japon et l’Australie

Joe Biden cherche à raviver de manière informelle le Quad, l’alliance avec l’Inde, le Japon et l’Australie

Après l’annonce d’une spectaculaire alliance militaire dans la zone indo-pacifique, le président américain, Joe Biden, a continué à avancer ses pions dans la région mais dans un format plus « informel », en recevant vendredi 24 septembre les premiers ministres de l’Inde, du Japon et de l’Australie.

Le président américain, en quête d’alliances face à la Chine, veut réveiller ce format diplomatique, dit « Quad » (pour « dialogue quadrilatéral de sécurité »). Après un sommet virtuel en mars, il l’a donc réuni à nouveau, pour la première fois en personne et à si haut niveau.

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Depuis la Maison Blanche, les ministres australien et japonais, Scott Morrison et Yoshihide Suga, ont salué cette réunion qui vise selon eux à promouvoir « une région indo-pacifique libre et ouverte », la formule consacrée pour critiquer, sans la nommer, la Chine et ses ambitions dans la zone.

Narendra Modi, premier ministre de l’Inde, a lui insisté sur les « valeurs démocratiques partagées » des quatre partenaires.

« Nous sommes quatre démocraties de premier ordre, avec une longue histoire de coopération, nous savons comment faire avancer les choses », a dit leur hôte Joe Biden.

Le Quad sous un jour consensuel

Esquissé après le tsunami dévastateur de 2004 et formalisé en 2007, le « dialogue quadrilatéral de sécurité » a longtemps été somnolent. En le ranimant, Joe Biden poursuit en quelque sorte le « pivot vers l’Asie » de la politique étrangère américaine, déjà cher à Barack Obama.

Joe Biden cherche à raviver de manière informelle le Quad, l’alliance avec l’Inde, le Japon et l’Australie

Mais après l’annonce spectaculaire du partenariat militaire « Aukus » avec le Royaume-Uni et l’Australie – et de son contrat de sous-marins qui a fait enrager la France –, Washington veut présenter le Quad sous un jour consensuel.

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Il s’agit d’un cénacle « informel » et « intime » destiné à « développer de meilleurs canaux de communication », ont déclaré de hauts responsables de la Maison Blanche lors d’un entretien avec des journalistes. Il n’y a pas de visée « militaire », ont-ils martelé, assurant que le Quad serait « complémentaire » d’autres initiatives régionales, en réponse à une question sur son articulation avec l’Asean. Certains membres de cette organisation réunissant dix nations de l’Asie du Sud-Est redoutent, en effet, que l’offensive américaine dans la région ne conduise à une escalade avec la Chine.

Scott Morrison a assuré devant la presse que les membres du Quad étaient prêts à faire face à « toute pression qui toucherait l’un d’entre nous », et d’ajouter : « Nous voulons que tous les pays de l’Indo-Pacifique aient cette opportunité » parce qu’ils « attachent de l’importance à leur souveraineté. »

De nombreux chantiers abordés

Vendredi, le Quad a évoqué des chantiers économiques, environnementaux et la lutte contre la pandémie. Les quatre partenaires veulent lancer une initiative pour protéger les approvisionnements en semi-conducteurs, ces composants électroniques indispensables tant aux machines à laver qu’aux avions ou aux smartphones, que nombre d’industriels dans le monde peinent à se procurer actuellement.

Ils entendaient aussi parler, en vrac, de 5G, de cybersécurité, d’échanges universitaires, de projets dans l’espace, de pêche, de vaccins…

« Pour Washington, le défi est de dépasser le seul paradigme sécuritaire et d’améliorer nettement la position économique de l’Amérique en Asie du Sud-Est », estime Jonathan Stromseth, spécialiste de la région, dans une note publiée par l’institut de réflexion Brookings.

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Joe Biden, s’il a gardé face à la Chine une ligne dure, peu ou prou comparable à celle de Donald Trump, aborde différemment la confrontation avec Pékin. Il veut dépasser le seul face-à-face entre les deux superpuissances et espère réveiller le jeu des alliances.

Le Monde avec AFP

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